05.11.2006
Sans titre

Et si tout s’arrêtait naturellement, l’élan, le mouvement ? Sur son erre, la vie en panne sèche.
Dans un lieu de rien, où plus rien ne vient, le carrefour de routes qui n’en sont plus. Plus de balise, plus de panneau, plus de marquage au sol.
Plus aucun repère. Juste l’air, respirer, pour rien.
Le miroir aussi. Un visage sans décor autour, sans toile de fond.
What are you doing the rest of your life
Un stylo vide, la plume desséchée, oublié dans un tiroir plus jamais ouvert. Sa vie passée comme une toile de Jouy, ses dessins obsolètes, ses figurants aux poses artificielles. Aux visages de poupée.
Et si c’était maintenant une pause définitive, la dernière station dans son propre désert ? Là où le terrain n’est plus viabilisé.
All the seasons and the times of your days
La liberté qui s’enfuit, effrayée d’elle-même. La lumière blanche de la vacuité comme un nuage passe sur une terre nue. Et s'arrête.
La nature qui renonce devant le vide, et dépose les armes.
Casser le stylo, se jeter dans le vide et ne pas tomber. Plus de pesanteur. Au-dessous le carrefour désert.
Est-ce du repos ? Est-ce de la mort ?
All the nickels and the dimes of your days
Ne plus lire. Ne plus écouter. Ne plus s’écouter.
Être une boussole aux points cardinaux effacés.
En panne de soi, en panne des autres, ne plus se faire confiance. Mais laisser courir. S’en foutre. De ça. Et puis de ça aussi. Et encore de ça. Claquer la portière sur soi.
Dormir de dimanche en dimanche.
All I ever will recall of my life
Is all all my life
With you.
17:30 Publié dans Texticules | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note



Commentaires
et si la vie, et l'âge, n'était rien d'autre qu'une suite de ces arrêts-là, de ces moments où c'est fini, où ça n'a plus de sens, et si la vie n'était rien d'autre que la vie, de dimanche en dimanche, jusqu'à la dernière seconde, de sourire en sourire, jusqu'au dernier mouvement des lèvres, et d'amour en amour, jusqu'au dernier battement de cœur?
lh.
Ecrit par : lo | 05.11.2006
"Sad Song", le titre d'une chanson de Lou Reed.
"Sad Song" en b.o de nos histoires.
"Sad Song" comme titre de ce beau post sans titre.
Ecrit par : G*** | 06.11.2006
Souvent je n'ai rien à dire et je ne laisse pas de trace. Là, je reviens pour relire après une première lecture et j'ai envie de laisser juste une petite trace de souriceau bananavore pour montrer que je suis passé et qu'encore une fois j'ai aimé.
Ecrit par : Creamy | 06.11.2006
Lo, G***, Souriceau : des bisous, ad libitum.
Ecrit par : Azure-Te | 06.11.2006
— Jawad ?
— Oui Monsieur ?
— C'est quand la dernière fois que vous vous êtes occupé de Monsieur Azure ?
— Mais il est plus à moi ! Vous l'aviez mis dans la tournée d'Yvonne. Alors après l'accident, je suis pas repassé. Vas-y, ça va encore être de ma faute...
— Ah Jawad, pas de familiarités ou de langage de jeune, je vous préviens !
— Oui Monsieur.
— Il y a trois semaines j'ai envoyé Kénavo lui mettre une nouvelle plante dans son vieux pot, ni vu ni connu, qu'il s'imagine que c'est un rejeton. Ca a marché, je pensais que ça l'occuperait, mais non...
— Il déprime ?
— Un peu, Jawad. Je vous le confie. Il a besoin de visions, d'apparitions. Enfin, vous connaissez le bonhomme, hein ! Allez, au boulot !
— Oui Monsieur R...
— Tss! Pas de noms, je vous ai dit.
Ecrit par : Sakakini Pacha | 06.11.2006
Un peu beaucoup comme Creamy
Pas envie de froisser d'altérer d'abimer de salir juste te dire te montrer la trace de mes pas dans tes mots.
Ecrit par : Barbarian | 07.11.2006
Est-ce Azure sur la photo ?
Ecrit par : Shaggoo | 07.11.2006
Pacha > laisse tomber, c'est une feignasse, ce gamin.
Barbs > tu n'altères pas, tu désaltères.
Shaggoo > c'était, oui.
Ecrit par : Azure-Te | 07.11.2006
Claquer la portière sur soi n'est rien d'autre que retourner le télécran et secouer le sable. Cela ne sert qu'à une chose : recommencer un nouveau dessin, un nouveau dessein.
Ecrit par : Morts ou Vifs | 07.11.2006
Il nous arrive des jours SANS et après des jours AVEC et ceux-là sont plus beaux. J'ai la photo de la grand-mère à côté du bambin à col marinière.
Ecrit par : Marie | 08.11.2006
j'ai dû me planter, c'est un col marin ...
Ecrit par : Marie | 08.11.2006
C'est impressionnant le façon que vous écrivez. Bouleversant.
Ecrit par : gb | 09.11.2006
MoV > jusqu'à l'usure.
Marie > disons marinière à col marin et n'en parlons plus.
gb > sensible gb.
Ecrit par : Azure-Te | 10.11.2006
On a si souvent claqué des portières derrière soi.
Quand je regarde en arrière j'ai l'impression que plusieurs vies font la trame de ma vie, je ne m'y reconnais pas toujours et n'ai pas d'Ariane pour faire le lien.
Peut-être parce que je deviens vieux.
Ecrit par : Henri-Pierre | 12.11.2006
Nous ne sommes jamais vraiment nu, c'est vrai. « Le miroir aussi. Un visage sans décor autour, sans toile de fond. » Même si c'est notre masque qui se présente «sans décor, sans toile de fond» ; ne révèle-t-il pas notre vie improbable, soigneusement évitée souvent et tout de même vécue ?
Qu'ai-je voulu dire ici ? Va savoir. Peut-être tout simplement merci pour la photo et le texte touchants.
Ecrit par : Marc Dé | 14.11.2006
Chaque jour est le premier jour du reste de notre vie, chaque instant un nouveau départ potentiel. Cette idée me fait flipper et me stimule. Pas toi?
Ecrit par : kitty78 | 15.11.2006
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